Lot n° 29
Estimation :
800 - 1000
EUR
Result
: NC
Jean COCTEAU (1889-1963) - Lot 29
Jean COCTEAU (1889-1963)
3 L.A.S., Saint-Jean Cap Ferrat juillet-août 1956; 4pages in-4 (une à en-tête de Santo-Sospir), 2 enveloppes (fente à la 1re lettre).
26 juillet. «L’optique admirable d’Arles est celle de Venise où il n’y a pas de voitures. Ma méthode est de vivre à Venise et dans votre Arles sans y être et même à Paris – car ce calme vous donne la bougeotte – alors que la beauté fait ce qu’elle veut et dérange les lignes à sa manière». En revenant de Venise, il a trouvé 314 lettres: «Bien sûr que de cette tour de Pise, j’ai tiré celles de Jean Marais – celle de Genet et la vôtre — mais il est difficile de comprendre que pour la première fois un poète inconnu s’est caché sous le masque de la célébrité. Tant qu’on ne comprendra pas ce drame, on ne comprendra RIEN de ma personne. Il fallait remplacer le masque du silence et du vide, par celui du vacarme et du plein […] vous et Magnan êtes presque les seuls dignes de comprendre l’incompréhensible et si les gens me comprenaient ma méthode serait postiche. Raymond Radiguet m’a enseigné cette forme nouvelle de souffrance et d’échec (souffrance, échec sans lesquels on n’est rien). Je vous conjure de ne pas courir après une gloire qui se fait toute seule et selon vos mérites. Laissez-moi organiser cette exposition et dans le calme. La hâte est une catastrophe». Et il ajoute: «Pensez à mon fils adoptif Edouard Dermit qui est, à mon estime, le peintre le plus admirable de notre époque et qui, non seulement ne cherche aucune réussite ni à montrer ses toiles, mais évite même de peindre. Je le salue avec respect et j’emmerde le monde entier sauf quelques personnes dont vous êtes et que je supplie de comprendre».
[11 août]. «Merci de tout cœur pour le mécanisme de la figure des coqs. Le cimetière est remarquable, bien que je le trouve (à votre insu) un peu littéraire et pâté de grives»… Il a transmis le texte de Jean-Marie Magnan aux éditions du Rocher.
20 août. «Merci cher Lucien pour cette merveilleuse épreuve (c’est le terme exact) du merle d’Arles. Il y a une foule de photographes qui suivent ma besogne du Cap d’ail. Mais hélas leur objectif n’est qu’un 3e œil pareil aux deux autres qui ne savent pas voir. Que ne vivons nous tous ensemble? Le théâtre grec serait sous les murailles des Chevaliers de Malte et nous n’aurions plus besoin de la poste pour échanger nos vœux»…
On joint une lettre de Lucien CLERGUE à Cocteau, Arles, 17 juillet 1956 (double carbone; 4p. in-4).
CCC p. 22-24.
Les lots 24 à 68 sont vendus sur enchères
provisoires avec faculté de réunion
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