Lot n° 58
Estimation :
600 - 800
EUR
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: 1 430EUR
Jean Siméon Chardin (1699-1779) (d’après) - Lot 58
Jean Siméon Chardin (1699-1779) (d’après)
La Serinette. 1753. Gravé par L. Cars. 370x490mm. Bocher 47. Très belle épreuve sur vergé, soigneusement lavée. Très claires rousseurs. Petite bande oxydée et infimes amincissures (ancienne trace de colle) sur le pourtour au verso. Bonnes marges.
Le tableau original figura à l’exposition des tableaux du Louvre en 1751, sous le titre Une dame variant ses amusements. Il figura ensuite à la vente de M. de Vandières, frère de Mme de Pompadour, menée par Basan en 1782. On en connaît une version dans une collection privée, une version à la Frick Collection de New York, une troisième à Muncie, Indiana.
Le Mercure de France publia en novembre 1753 l’annonce de la parution de cette gravure: «... grande comme le tableau original que le public a fort admiré dans le dernier Salon. […] Les compositions du peintre, quoique simples et soumises aux mœurs du temps, ne prétendent point à l’héroïque. Mais la justesse du choix et l’agrément des images présentent une vive critique des peintres flamands en général. En effet, des tabagies, des combats à coups de poing, des besoins du corps, enfin la nature prise dans ce qu’il y a de plus abject, sont les sujets les plus ordinairement traités par les Brauwer, les Ostades, les Tenières [sic], etc. M. Chardin s’est toujours écarté de ces images humiliantes pour l’humanité. Ici l’on voit une femme jeune dont la figure est touchante et dont l’ajustement simple est étoffé en même temps qu’il indique la propreté. […] Aussi l’on peut dire, sans hyperbole, que le modèle dont M. Chardin a fait choix dans cette occasion indique une personne attachée à ses devoirs, honnête, pleine de douceur, enfin qui sait s’occuper.»
Dans ce sujet à l’ambiance vermeerienne, notamment par l’éclairage latéral unique chez Chardin, on voit une femme tourner la manivelle d’une serinette, petit orgue portatif à cylindre, produisant une mélodie simple. Les femmes de la bourgeoisie s’amusaient à dresser leur oiseau en cage à reproduire cette mélodie – d’où le verbe «seriner». Devant la femme, un gros sac à ouvrage est suspendu à un métier à broder, autre activité féminine de loisir. L’un des murs de la pièce est orné de gravures d’après des œuvres de Charles-Antoine Coypel, Premier peintre du roi et directeur de l’Académie, qui mourut en 1752. On reconnaît notamment Thalie chassée par la Peinture (tableau datant de 1732).
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